Palimpsestes

Les mots ici changent, c'est leur seule constance. Ils se font, se défont sans que le palimpseste se troue. Un lieu de travail. Des copeaux. Une page de solitude qui laisse en paix les grands arbres.

Le Miroir

un rai de lumière tombant sur
les brisures d’un miroir
mon visage éparpillé
un oeil là
le bout d’un sourcil 
ici la bouche

Ophélie Jaësan

Indolents sans chaleur à nos pieds tes miroirs
Dont les éclats menteurs réciproquent le vide
Te prêtent les visages de mes rêves défaits
Mille reflets
Mille histoires
Sur le carrelage humide

On embrasse la coupe de ces jeux de mirages
Sur le sang de nos lèvres c’est l’envie nous qui blesse
Où le désir fait rage
Et rit de nos faiblesses qui sèchent sur sa lame
À te vouloir dans tous
On n’est pas moins certains
Que tu n’es dans aucun

Incessamment la route oscille
Docile
Au bord de nos sommeils
Et nous ramène matin
À d’autres mosaïques
Comme un pendule
Oblique
De l’envie au chagrin